Billie Joe Armstrong n'est pas du genre à se censurer. Invité par le critique musical Craig Jenkins pour un podcast, le leader de Green Day a déroulé plus de trente ans de carrière avec une franchise rafraîchissante. Il y est question de premiers concerts, de succès tombés du ciel et d'une étiquette pop punk qu'il traîne comme un boulet.
« Jesus of Suburbia », sans hésiter
Il y a la question que l'on pose à tous les musiciens : quelle est votre chanson préférée dans votre propre répertoire ? Armstrong n'a pas cherché longtemps : ce sera « Jesus of Suburbia ». Il reconnaît que c'est un peu se faire plaisir à soi-même, mais ce morceau à tiroirs d'American Idiot condense selon lui une bonne partie de sa vie. Il le trouve spectaculaire, démesuré, carrément boursouflé, et il l'assume pleinement.
Côté albums, le cœur du chanteur penche pour Kerplunk, le deuxième disque du groupe. Il y voit un récit autobiographique, le moment où Green Day est devenu adulte.
« Basket Case », le single qu'il n'aurait pas choisi
Sur le terrain du succès, Armstrong avoue s'être trompé. Jamais il n'aurait imaginé que « Basket Case » deviendrait un single de Dookie. Il aurait plutôt misé sur « She » ou sur « Burnout », et se dit soulagé d'avoir été mis en minorité.
Le tournage des clips lui laisse aussi des souvenirs mémorables, pas toujours très nets. Il admet avoir tourné la plupart d'entre eux avec la gueule de bois. Celui de « Longview » détient la palme : la veille, une sortie entre amis s'était prolongée chez lui. Au réveil, il est sorti de sa chambre et a trouvé une équipe de tournage installée dans la maison. Il se souvient d'avoir pensé que la situation était complètement absurde.
« Warning », l'album qu'on n'a pas compris
Pour Armstrong, le disque le plus mal compris du groupe reste Warning, sorti en 2000. À la fin des années 90, le pop punk prenait de l'ampleur et devenait une mode. Lui voulait s'en éloigner et signer quelque chose de plus authentique. Ses écoutes de l'époque : Tom Waits, les Pretenders, du bon vieux rock'n'roll classique. Le groupe cherchait une couleur plus acoustique, et cela s'entend sur l'album.
Quant à l'étiquette pop punk elle-même, il ne l'a jamais aimée. Selon lui, elle range tout dans une case. Il ne s'est jamais considéré comme un artiste pop, et il est fier de venir d'une scène différente.
Zéro regret
Le bilan, lui, ne laisse pas de place au doute. « Je n'ai aucun regret », tranche-t-il. Green Day a toujours voulu rester indépendant de tout, résume-t-il, et jouer ensemble pour le restant de ses jours.




























