Ministry va tirer sa révérence. Al Jourgensen, fondateur et seul membre présent depuis le premier jour, a confirmé que Hate To Go (Take Out Or Delivery), attendu le 30 octobre chez Cleopatra Records, sera le dernier disque du groupe. Une tournée d’adieu suivra en 2027.
« I’m fucking done », a lâché le chanteur dans son communiqué, avec la franchise qu’on lui connaît. Il y dit aussi sa fierté du chemin parcouru, de l’époque de With Sympathy jusqu’à aujourd’hui. Interrogé par Hit Parader, il a résumé sa décision d’une phrase : à ses yeux, Ministry a fait son temps. Et il ne compte pas revenir : une fois la dernière date de la tournée jouée, il promet qu’on n’entendra plus parler de lui sur le plan musical. Dans son communiqué, il évoque même l’idée de s’occuper de ses chèvres.
Né à Chicago en 1981, Ministry a d’abord été un groupe de synthpop new wave, loin de l’image qu’on lui prête aujourd’hui. Il s’est ensuite durci avec Twitch en 1986, puis a imposé son metal industriel avec The Land of Rape and Honey en 1988 et surtout Psalm 69 en 1992, disque de platine porté par le tube « Jesus Built My Hotrod ». La même année, le groupe tenait la grande scène de Lollapalooza. Depuis, Jourgensen n’a jamais lâché ses thèmes de prédilection : la colère politique, la défiance envers le pouvoir et la satire d’une Amérique qu’il trouve à bout de souffle.
Ce dernier album, le dix-septième de la discographie, s’inscrit dans cette ligne. Le premier extrait, « Burned Out », est porté par des samples de journalistes télé et un refrain sans ambiguïté sur l’urgence de s’unir quel que soit son bord politique. L’album contient aussi un moment plus symbolique, puisque Paul Barker, figure historique du groupe, signe son retour sur le morceau de clôture, « We’re Still Here ». Autour de Jourgensen, on retrouve la formation actuelle : Monte Pittman et Cesar Soto aux guitares, Paul D’Amour à la basse, John Bechdel aux claviers et aux samples, Pepe Clarke Magaña à la batterie. Le disque sortira en vinyle, CD, cassette et en version numérique.
Place ensuite à la route. La « Goodbye Europe Tour » démarre le 2 avril 2027 à Utrecht, aux Pays-Bas, avec Die Krupps en invités. Le groupe annonce aussi des rencontres avec Jourgensen sur les dates européennes. Côté États-Unis, il reste quelques concerts cette année, dont le Salt Shed de Chicago, Red Rocks dans le Colorado, Louder Than Life et le Sick New World Texas. Les dates françaises n’ont pas été communiquées à ce stade.
Plus de quarante ans après ses débuts, l’un des groupes qui ont le plus marqué le rock lourd s’apprête donc à tourner la page, à sa façon : bruyamment.




























